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Latin
Introduction
Le latin est une langue italique de la famille des langues indo-européennes, aujourd'hui considérée comme éteinte, même si elle continue d'être utilisée et développée comme langue écrite. Utilisée par les Romains, elle resta jusqu'au XVIIe siècle la langue principale de la diplomatie internationale, puisqu'elle était la seule langue commune à toutes les parties.
Langue liturgique et officielle de l'Église catholique (textes doctrinaux ou disciplinaires, droit, etc.), elle est toujours une des trois langues officielles de l'État du Vatican. Elle est encore partiellement une langue d'enseignement dans les universités pontificales romaines. Son enseignement au futur clergé en tant que langue parlée est généralement abandonné dans les séminaires locaux.
Le latin reste cependant étudié et utilisé comme langue de culture. Il conserve un réel succès d'estime auprès de nombreuses personnes qui la pratiquent couramment (voir Vicipaedia : cette version latine de Wikipedia compte 4000 articles, témoignant du nombre et de la passion des locuteurs).
Le latin est la langue-mère des langues romanes.
Histoire
Plusieurs langues européennes dérivent directement du latin vulgaire (c'est-à-dire des variantes parlées par le peuple et non la langue littéraire), les langues romanes, comme le catalan, le castillan, le français, l'italien, le portugais, l'occitan, le romanche, le roumain, etc. D'autres langues lui ont emprunté un très large vocabulaire, comme l'albanais (par proximité) ou l'anglais (par l'intermédiaire de l'ancien français ou par l'occupation romaine d'une grande partie de l'Angleterre). Le latin ayant été pendant des siècles la langue savante (et, en France, celle de l'enseignement, du au ) et la langue de l'Église catholique romaine, son influence en Europe s'est fait sentir dans un grand nombre de langues.
Latin médiéval
On parle parfois de bas-latin pour désigner le latin de la fin de l'Antiquité et du début du Moyen Âge, pour lequel on peut parler de latin médiéval, par opposition au latin classique de Cicéron.
De nombreux termes empruntés aux langues germaniques se sont ajoutés au vocabulaire. Un certain nombre de termes classiques ont acquis un sens religieux dans le contexte de la chrétienté (credo par exemple) qu'ils n'avaient pas à l'époque antique.
Le latin, langue vivante
Jusqu'au , les thèses de doctorat, qu'elles soient de médecine ou de n'importe quelle autre science devaient être publiées en latin. Pour ce faire, les doctorants payaient parfois et souvent très mal un étudiant latiniste pour exécuter la traduction.
La langue de l'Eglise catholique reste et demeure le latin. Cela ne va pas sans difficultés. Déjà au temps du concile Vatican II, Yves Congar o.p., expert au concile, s'emploie à corriger la copie de ses collègues afin qu'ils s'expriment dans un latin fluide et contemporain. Par ailleurs, son Journal du Concile (CERF, 2000) témoigne qu'il donne, en catimini, des notes à l'expression latine des divers évêques et cardinaux.
Le latin n'est plus enseigné aujourd'hui, en tant que langue vivante, que dans les universités ecclésiastiques romaines (la Grégorienne, l'Augustine, etc.) et dans les séminaires dépendant de la Fraternité Saint-Pie X, qui ne reconnaît plus l'autorité romaine.
Lors du conclave de 2005, un des derniers enseignants actifs dans une université ecclésiastique romaine a indiqué que seuls deux cardinaux, dont celui qui fut élu pape, le comprenaient encore lorsqu'il s'adressait à eux en latin.
Pour aider à une meilleure qualité du latin écrit chez ceux de ses représentants qui doivent encore le pratiquer, le Vatican entretient un service du latin moderne et contemporain.
Soixante mille mots ou expressions ont été ajoutés au latin ces deux derniers siècles, afin de permettre l'expression sur tous les sujets contemporains (puissance nucléaire se dit par exemple vis atomica), ce qui lui confirme le statut de langue vivante, contrairement à une opinion répandue.
Il existe une méthode Assimil de latin, qui commence ainsi:
- Latíne lóqueris? - Parles-tu latin ?
- Nondum latine loquor. Hæc léctio mihi prima est. - Je ne parle pas encore latin. C'est ma première leçon.
- Cito latíne loquéris. - Tu parleras bientôt.
On insiste avec raison sur la nécessité d'accentuer correctement.
Le latin et l'Union Européenne
Assimil
Le latin est aussi utilisé de temps en temps dans le contexte de l'Union européenne, lorsque le multilinguisme officiel n'est pas applicable. Afin de montrer son attachement à son modèle culturel pluraliste, l'Union Européenne a alors recours, pour de courtes et simples inscriptions, à la langue latine, qui souligne son glorieux passé (voir photo).
Classification
Le latin est une langue indo-européenne appartenant au groupe italique, même si cette appartenance a été contestée par certains linguistes. Plus précisément, on classe le latin parmi les langues italo-falisques.
Répartition géographique
Statut officiel
Le latin est toujours aujourd'hui la langue officielle de l'Eglise catholique. La langue officielle du Vatican est quant à elle le français avec, de facto, l'italien.
Langues dérivées
Les langues romanes sont dérivées du latin.
Ecriture
Les romains sont les créateurs de l'alphabet latin, qui comportait, à l'époque classique, les lettres suivantes :
Les lettres K, Y et Z sont rares. Y et Z ont été ajoutées pour transcrire les mots grecs et K était initialement utilisé pour C devant A et les consonnes, mais a progressivement été éliminé.
Prononciation
Prononciation ancienne restituée
On connaît avec précision la prononciation du latin classique, grâce aux nombreux témoignages laissés par les auteurs latins et au moyen de la méthode comparatiste. L'une des modifications les plus importantes depuis l'indo-européen est le rhotacisme (passage de /s/ à /r/ dans certaines conditions ; principalement entre voyelles). La prononciation d'une langue n'étant pas figée, tant que le latin a été parlé, ses phonèmes ont évolué. On indique ici les évolutions les plus flagrantes :
- æ (diphtongue) : initialement // puis // (à partir du ) ;
- au (diphtongue) : // ; cette diphtongue, hormis dans certaines prononciations dialectales, s'est conservée tout au long du latin ;
- c : /k/ (toujours dur) ; dans les inscriptions archaïques (et dans le prénom Caius), c pouvait servir à noter /g/ ;
- ch : // (aspiré, comme en grec ancien) ;
- g : /g/ (toujours dur) ;
- h : initialement /h/ (comme en anglais ou en allemand) puis très rapidement muet (dès les premiers textes littéraires) ;
- i : note à la fois la voyelle /i/, longue ou brève, et la spirante /j/ (/jj/ entre deux voyelles) ; dans les éditions scolaires, quand i vaut /j/, il est souvent écrit j, distinction que les Romains ne pratiquaient pas (pour cause : la lettre j n'est apparue que bien après) : ils écrivaient I en toute position ;
- m : /m/ ; très rapidement muet en fin de mot (avec vraisemblablement une nasalisation de la voyelle précédente ; ce traitement est survenu avant la période littéraire) ;
- œ (diphtongue) : // puis /eː/ (à partir du ) ;
- ph: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- qu : // ;
- r : /r/ (roulé) ;
- s : toujours /s/ ; le latin ne connaissait pas le son [z], remplacé par /r/ (rhotacisme) ;
- th: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- u : note à la fois la voyelle /u/ et la spirante /w/ ; la distinction entre u et v en minuscules est relativement récente et ne s'emploie que dans les éditions scolaires. Les Romains écrivaient V en toute position ;
- y : /y/ (emprunté au grec ancien) ;
- z : /zz/ (long ; emprunté au grec).
Chaque voyelle (a, e, i, o, u, y) peut être brève ou longue. Le latin antique était une langue à accent de hauteur aussi dotée d'un accent d'intensité secondaire.
Prononciations modernes
[En préparation]
Grammaire
Morphologie
La morphologie du latin est celle d'une langue hautement flexionnelle.
Système nominal
L'article complet se trouve dans Déclinaisons latines.
On compte dans le système nominal autant les noms que les adjectifs, qui suivent des flexions proches, sinon similaires.
La flexion nominale comporte :
- deux nombres comme en français : singulier, pluriel ;
- trois genres : masculin, féminin et neutre (rare en français, conservé seulement dans les pronoms quoi, que) ;
- cinq types de déclinaisons pour le nom
- deux classes d'adjectifs : la première correspond aux déclinaisons 1-2 du nom, la seconde à la déclinaison 3 du nom;
- les degrés de l'adjectif comparatif (plus beau, moins beau) et superlatif (très beau, le plus beau, le moins beau), marqués par des suffixes : -ior (classe 2), -issimus (classe 1) (mais nombreuses exceptions)comme melior, pessimus, pejor...;
- le latin classique comporte six cas : nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif, ablatif. Le roman, issu du latin au Moyen Âge et ancêtre du français, n'en comporte plus que deux.
Système verbal
L'article complet se trouve dans Conjugaisons latines.
Le verbe se conjugue selon :
- quatre types de conjugaison ;
- deux voix (active et passive), avec le cas particulier des verbes déponents (forme passive mais sens actif) ;
- six modes (infinitif, indicatif, subjonctif, impératif, gérondif et participe) ainsi que des formations secondaires comme le supin et l'adjectif verbal ;
- six temps (présent, imparfait, futur simple, sur le radical du présent, et parfait, plus-que-parfait, futur antérieur, sur le radical du parfait).
Pronoms personnels
La liste complète se trouve dans Liste des pronoms en latin.
Lexique
Le latin et les autres langues indo-européennes
- Le vocabulaire commun
Comme toute langue indo-européenne le latin possède un certain nombre de mots en commun avec ses langues sœurs.
AGNUS "agneau" correspond au slave ancien AGNĘ "agneau" qui s'est conservé dans toutes les langues slaves moderne, comme ЯГНЁНОК "agneau" en russe. De même le grec AMNOS "agneau" est un ancien AGNOS. Le breton OAN "agneau" remonte à un ancien AGNOS.
à compléter...
Que devient le latin quand il se fait français ?
Un mot latin peut avoir engendré un mot français qui est son direct descendant, c'est le cas pour ALA "aile" qui devient AILE, AMARE "aimer" AIMER, BARBA "barbe" BARBE, CARPA "carpe" CARPE.
Dans d'autre cas la situation n'est pas si simple et le mot a évolué : AQUA "eau" donne EAU mais après une longue évolution qui a fait prendre au mot la forme ÈVE dont dérive le mot ÉVIER qui est en quelque sorte le doublet populaire de AQUARIUM. FERIRE "frapper" a donné FÉRIR qui est maintenant hors course. FAGUS "hêtre" se voit évincé par un mot germanique et CRUS "jambe" ne se retrouve qu'indirectement dans CRURAL. LAETITIA "joie" a engendré LIESSE mais seul le linguiste comprendra aisément par quel long processus. MACULA "maille" a fait une petite glissade de sens et NATIS "fesse" qui a donné NACHE n'est compris que par certains vieux grand-pères. PATER "père" revient en force dans l'argot et QUATUOR "quatre" dans l'opéra.
On en perd forcément son latin.
Exemples
Voir aussi
Liens internes
- Déclinaisons et Conjugaisons latines
- Liste des pronoms en latin
- Étymologie latine
- Expression latine et Liste des proverbes latins
- Linguistique
- Rhotacisme
- Dictionnaire des langues
- Langues par famille
- Langues indo-européennes
- Langues italiques
- - langues romanes
- Méthode latine ;
Liens externes
- [http://www.pesaro.com/latino/ Le latin contemporain]
- [http://www.obta.uw.edu.pl/~draco/docs/voccomp.html Le vocabulaire de l'informatique]
- [http://cafe.rapidus.net/ghiginio/NotaeNet/N_0.html Vocabulaire français-latin moderne], avec grammaire orientée pour le thème.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/latin.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire latin-français/français-latin.
- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81/ Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://miroir.mrugala.net/Arisitum/adihaf/latin.htm Cours de latin]
-
Catégorie:Langue morte
Catégorie:Langue liturgique
Catégorie:Langue véhiculaire
als:Latein
ja:ラテン語
ko:라틴어
simple:Latin language
th:ภาษาละติน
zh-min-nan:Latin-gí
Langue italiqueHistoire
Les langues italiques sont un ensemble de langues appartenant au groupe centum des langues indo-européennes. Elle doivent leur nom à la région où ces langues étaient parlées, l'Italie. Le groupe italique connaît lui-même deux subdivisions :
- les langues sabelliques
- l'osque, parlée dans la région centre-méridionale de la péninsule italienne
- l'ombrien (à ne pas confondre avec le dialecte actuel)
- le sabin
- le samnite
- le pélignien
- le volsque
- le marse
- le marrucin
- le vestinien
- les langues latino-falisques
- le falisque parlé au nord de Rome
- le latin parlé dans le centre-ouest de l'Italie, étendu ensuite à tout l'empire romain
Les locuteurs italiques n'étaient pas originaires d'Italie, mais y immigrèrent vers 1500 av. J.-C., probablement d'Europe Centrale ou Est-Centrale, le long du Danube. Avant cette migration, l'Italie était peuplée de groupes non indo-européens, dont les étrusques.
Les langues italiques sont attestées pour la première fois par des inscriptions latines des ou , en alphabet vieil italique, basé sur l'alphabet grec. Ces langues furent peu influencées par l'étrusque et le grec.
Avec l'expansion de Rome, le latin devint la langue italique la plus importante, tandis que les autres déclinèrent et disparurent tout à fait aux alentours du . Les langues romanes commencèrent ainsi à naître du latin vulgaire.
Les langues vénétiques, aujourd'hui disparues, connues à travers des inscriptions incluant des phrases complètes, seraient très proches du groupe italiques, et certains linguistes n'hésitent pas à les y classer.
Langues italiques modernes
La famille des langues italiques modernes comprend 48 langues, et comporte deux subdivisions :
- les langues latino-falisques, qui se réduisent à une seule langue :
- le latin
- les langues romanes, elles-mêmes divisées en trois groupes :
- un groupe oriental, comprenant le roumain et ses variantes régionales
- un groupe italo-occidental, auquel appartiennent la grande majorité des langues italiques (38 sur 48), et composé de deux sous-groupes :
- un sous-groupe italo-dalmatien, comprenant 6 langues parlées en Italie, Sicile et Dalmatie, dont l'italien
- un sous-groupe occidental, comprenant 32 langues, dont les langues gallo-romanes comme le français ou le romanche, et les langues ibéro-romanes comme l'espagnol ou le catalan
- un groupe méridional, comprenant le corse ainsi que le sarde et ses variantes régionales
Voir aussi
Liens externes
- [http://www.ethnologue.com/show_family.asp?subid=90057 Ethnologue report for Italic]
Catégorie:Famille de langues
Catégorie:Langue indo-européenne
ja:イタリック語派
Rome antique
La Rome antique est le cadre de la naissance, de l'avènement et de la disparition de la civilisation romaine antique. Débutant comme un simple assemblage de villages, l'humble bourgade vit ensuite son histoire se confondre avec celle du monde méditerranéen du début de l'ère chrétienne à la fin de l'Antiquité.
C'est pourquoi vous ne trouverez ici qu'une synthèse de l'histoire romaine, développée dans des articles plus conséquents sur les pages adéquates.
La fondation de Rome (-753)
D'après la légende latine, Romulus fonda la ville de Rome à l'emplacement du Mont Palatin près du Tibre vers -753 et y regroupa des groupes de latins, de sabins, et peut-être d'étrusques. L'archéologie a établie que le peuplement des collines de Rome a commencé vers le , et s'est accéléré à partir du .
Se référer à l'article Fondation de Rome.
Après Romulus et ses successeurs légendaires, ce sont les rois Étrusques qui en occupant la région vont faire de Rome une véritable ville vers 600 av. J.-C., en la dotant d'une muraille, en aménageant le Forum et en bâtissant le sanctuaire du Capitole.
C'est probablement sous la Royauté que s'élabore la religion romaine, mélange d'archaïsmes indo-européens et d'influences grecques et étrusques. Les anciens Romains attribueront leurs succès militaires à la qualité scrupuleuse de leur piété envers les dieux.
Se référer à l'article sur la monarchie romaine.
Se référer aux articles sur la religion romaine, la mythologie romaine, les fêtes religieuses romaines.
La République romaine (-509 à -27)
-27
De res publica (lat.) « la chose publique ».
Tarquin le Superbe est le dernier roi de Rome. Tyrannique, autoritaire, il fut chassé par les Romains en -509 ; la République romaine est fondée, gouvernée par le Sénat romain et les magistrats élus du peuple romain (populus ne désigne, à l'époque, qu'une partie de la population, les patriciens).
À ses débuts, la République romaine est déchirée par les conflits entre la plèbe et le patriciat. Elle finit par se doter en -367 d'institutions qui équilibrent le pouvoir du patriciat et modèrent celui des consuls.
Rome commence son expansion par la conquête de l'Italie centrale par la prise de Véies en -396. Le sac de Rome en -390 est le début d'une longue période où Rome ne fut jamais prise par ses ennemis, jusqu'en 410 et le sac de Rome par Alaric.
Progressivement, Rome affronte ses voisins et agrandit peu à peu son territoire, tandis que les plébéiens obtiennent en -300 l’égalité politique. Rome domine toute l'Italie en -272.
À partir de -264, dans son affrontement contre Carthage lors de la première guerre punique et de la deuxième guerre punique, Rome conquiert la Sicile, la Corse et la Sardaigne, l'Hispanie et devient la première puissance de la Méditerrannée occidentale en -202. Tributaire de Rome, Carthage est finalement détruite en -146.
Les légions romaines, de plus en plus efficaces, interviennent en Grèce, en Macédoine, en Asie Mineure. Durant le IIe siècle av J.-C., Rome soumet la Grèce et en retire une grande influence culturelle. Les élites connaissent la richesse des butins, tandis que la crise sociale monte en Italie. La République qui dût son succès à un équilibre entre ses différentes composantes sombre devant son agrandissement trop brutal, ses institutions prévues pour une ville se révélent inadaptées à la gestion d'un empire. A partir de -133, les tensions se multiplient (cf. les Gracques), des ambitieux luttent pour le pouvoir : Marius contre Sylla, Cinna, Pompée contre Jules César, Octave contre Marc Antoine.
Se référer à l'article sur les Institutions de la République romaine pour connaître l'organisation politique de la République.
Se référer aux articles Histoire de la République romaine et à la liste des consuls pour la chronologie.
Se référer à l'article sur la Société de la République romaine pour connaître l'organisation sociale de la République.
L'Empire romain (-27 à 395)
L'Empire romain commence après la mort de Jules César avec l'avènement d'Octave Auguste. Ménageant l'ordre sénatorial, il assoit son pouvoir personnel. Grâce aux légions, il agrandit considérablement le territoire romain, et l'organise en provinces romaines, qu'il gère avec la collaboration de l'ordre équestre.
Ses successeurs les empereurs Julio-Claudiens, les Flaviens et les Antonins mènent l'Empire romain à son apogée. Au , la superficie de l'Empire romain est à son maximum. Rome est avec un million d'habitants la plus grande ville du monde méditerrannéen, avec une organisation spécifique.
La pax romana favorise la prospérité, les colonies se développent grâce à l'évergétisme de leurs élites, les grandes métropoles comme Carthage, Antioche, Alexandrie refleurissent.
Se reporter à l'article Organisation de la ville de Rome pour découvrir les solutions mises en place pour gérer cette gigantesque agglomération
L'empire romain tardif
La défense contre la pression croissante des peuples germaniques contribue à la militarisation de l'Empire, qui connaît après les Sévères une terrible crise politique et économique au , et parvient à se redresser au au prix de transformations considérables : partage du pouvoir entre empereurs (tétrarchie, puis Auguste assistés de Césars), transfert de la capitale à Constantinople, absolutisme, alourdissement de l'admnistration, germanisation de l'armée. La montée du christianisme accompagne cette transformation.
L'Empire romain adoptera définitivement le christianisme au .
Se référer à l'article sur l'Empire romain et à la Liste des empereurs romains.
Se référer à l'article sur Province romaine et à la série d'articles consacrés à chaque province
La dissolution de l'Empire romain (après 395)
Après une ultime réunification en 394 sous Théodose I, l'Empire est divisé en deux moitiés :
- L'Empire romain d'Occident est submergé en l'espace de deux générations par les peuples germaniques et s'efface en 476, ce qui marque la fin conventionelle de l'Antiquité,
- L'Empire romain d'Orient résiste et s'adapte, devenant progressivement l'Empire byzantin qui subsistera jusqu'en 1453.
Se référer à l'article sur Empire romain d'Occident, Empire romain d'Orient et Empire byzantin.
Organisation militaire, politique, religieuse et institutions romaines
Voir aussi :
- Cursus honorum
- Relations de la religion romaine aux autres religions
Art
Issu des influences italiques, l'art romain prend son essor au contact de l'art grec qu'il va longtemps imiter.
Voir l'article détaillé : art romain
Architecture
L'architecture romaine s'épanouit dans les villes, les romains innovent dans la généralisation de la voûte en plein cintre, et l'emploi systématique du mortier (opus caementicium).
Voir la typologie des monuments dans la catégorie Architecture romaine
Voir la liste des monuments dans la catégorie Liste de monuments romains
Voir l'article sur l'Épigraphie latine
Littérature
Les Romains révolutionnèrent le support écrit des livres, en lui donnant la forme moderne que nous connaissons : ils généralisèrent le codex, volume de feuilles reliées, plus maniable et plus aisé à lire que le traditionnel rouleau.
Voir l'article sur la littérature latine, et la catégorie:Littérature grecque d'époque romaine.
Vie quotidienne
- Les noms romains (système des tria nomina) et les prénoms romains
- le costume : la toge, la stola
- l'habitat : domus, insula et villa
- Le calendrier julien
- Les chiffres romains
- Les jeux du cirque
- Les thermes romains
- La monnaie romaine
- Les unités de mesure romaines
- Les ergastules (Prisons et cachots)
Bibliographie
- La civilisation romaine de Pierre Grimal, 1960, réédité en 1981 chez Flammarion
- Histoire générale de l’Empire romain de Paul Petit, 1974, édition du Seuil
- L’art de l’ancienne Rome, Bernard Andreae, 1973, éditions d’Art André Mazenod
- [http://perso.wanadoo.fr/revuesocialisme/s10empireromaine.htm L'impérialisme romain - une analyse marxiste] par l'archéologue anglais Neil Faulkner
Liens externes
- [http://www.compart-multimedia.com/virtuale/ Parcours virtuels de Rome] : panoramas virtuels et galeries de photos (ita/ing/fr)
- [http://www.insecula.com Site insecula (Égypte, Rome, et Grèce antique).]
-
Langue officielle zh-min-nan:Koaⁿ-hong gí-giân ko:공용어 ja:公用語 simple:Official language
Officielle
Une langue officielle est une langue qui est spécifiquement désignée ainsi, dans la Constitution d'un pays, d'un État ou d'un autre territoire
(Les États ou territoires ne possédant pas de Constitution n'ont pas, de par cette définition, de langue officielle.)La langue officielle de Sao Tomé et Principe est le Portugais.
La moitié des pays du monde disposent d'une langue officielle. Certains d'entre eux reconnaissent une seule langue officielle, c'est le cas en Albanie, en France (bien qu'il y ait d'autres langues maternelles en France. Voir: Langues régionales de France) ou en Allemagne. Certains ont plusieurs langues officielles, tels l'Afghanistan, la Finlande ou la Suisse. Dans plusieurs pays, comme l'Irak, l'Italie ou l'Espagne, il y a une langue officielle pour le pays, mais d'autres langues sont co-officielles dans certaines régions. Quelques pays, comme les États-Unis, n'ont pas de langue officielle, mais il existe des langues officielles pour certains États qui les composent. Enfin, certains pays n'ont aucune langue officielle, ainsi l'Érythrée, la Suède ou le Royaume-Uni.
Une conséquence du colonialisme ou du néocolonialisme est que, dans certains pays d'Afrique et aux Philippines, les langues officielles et d'enseignement (français ou anglais) ne sont pas les langues nationales ou les plus parlées. En revanche, par nationalisme, la République d'Irlande a adopté le gaélique comme langue nationale officielle, alors qu'il est en réalité parlé par une faible proportion de la population, tandis que la langue ayant un statut légal secondaire (l'anglais), est la langue parlée par la majorité.
Voir aussi
- Liste des langues officielles
- Langue régionale
Vatican
L’État de la Cité du Vatican est un État indépendant, situé à Rome, de 0,44 km² et comptant 890 habitants (2000). Il a été créé le 11 février 1929 comme support du Saint-Siège (ensemble des institutions de l'Église catholique romaine), aux termes des accords du Latran signés par le Saint-Siège représenté par le cardinal Gasparri et l'Italie, représentée par Mussolini.
La langue officielle est l'italien et non le latin, langue de l'Église catholique romaine. Le français est la langue diplomatique.
Histoire
Article détaillé : Histoire de l'État du Vatican
Le Vatican est le reliquat des États pontificaux. En 1870, après l'évacuation des troupes françaises, Rome est rattachée au royaume d'Italie. Le pape Pie IX refuse de perdre sa dernière possession et entre en conflit avec l'État italien jusqu'aux accords du Latran en 1929.
L'histoire du Vatican est peu dissociable de celle de l'Église catholique romaine.
Politique
Article détaillé : Politique du Vatican
Le pape dispose du pouvoir absolu (exécutif, législatif et judiciaire). Le pouvoir exécutif est délégué à un gouverneur nommé qui est également chargé de la représentation diplomatique. Une commission composée de cinq cardinaux exerce par délégation le pouvoir législatif. Les institutions du Vatican sont réglées par une constitution, dont la première mouture a été rédigée par Pie XI au moment des accords du Latran. Actuellement, le Vatican est régi par la loi fondamentale du 22 février 2001. Ses lois sont consignées dans les Acta Apostolicæ Sedis.
La citoyenneté vaticane n'est pas l'expression d'une appartenance nationale. Elle est liée à l'exercice de fonctions au sein du Vatican ou du Saint-Siège. Par conséquent, cette citoyenneté vient toujours s'ajouter à une nationalité d'origine. Dès que ces fonctions cessent, la citoyenneté cesse. Ainsi, un prélat de la Curie prenant des fonctions pastorales perd sa citoyenneté. Celle-ci est attribuée également au conjoint et à la famille (ascendants, descendants et collatéraux directs) des fonctionnaires du Vatican. Les garçons en perdent les bénéfices à l'âge de 25 ans et les filles, au moment de leur mariage.
C'est le Saint-Siège, ensemble des institutions de l'Église catholique romaine, et non l'État de la Cité du Vatican qui fait l'objet d'une représentation internationale. Il dispose d'un siège d'État non membre observateur à l'ONU. Cette situation est vivement critiquée par de nombreuses ONG.
Le Saint-Siège bénéficierait pour mener à bien sa politique d'un service de renseignement qui n'est pas très connu et qui ne donne pas lieu à une littérature abondante. Le sodalitum pianum aurait été fondé par Mgr Begnini qui occupait à l'époque le poste de ministre des affaires étrangères. Pie X lui donnera une extension et une puissance redoutable dont il jouit encore.Le service doit collecter des informations sur les affaires catholiques dans le monde et surtout sur l'activité des autres états dans le monde. Ce travail est rendu possible grâce à un réseau international comprenant plusieurs centaines de personnes ecclésiastiques et laïques et à un recrutement de haut niveau (jeunes prêtres de l'université ou bien des étudiants en droit ou en histoire...).
Pour en savoir plus, voire l'article Saint-Siège
Géographie
Saint-Siège
Article détaillé : Géographie du Vatican
Du fait de sa très faible superficie, le Vatican est le plus petit État souverain du monde.
Des églises de Rome situées hors du Vatican dépendent de celui-ci. Parmi celles-ci, on peut citer la basilique Saint-Jean du Latran et l'église Saint-Paul-hors-les-murs.
Enfin, la station d'émission de Radio Vatican située dans la banlieue de Rome ainsi que Castel Gandolfo, la résidence d'été des papes située à 30km au sud-est de Rome, relèvent également de la souveraineté du Vatican.
Économie
Rome
Article détaillé : Économie du Vatican
En 2002, le déficit consolidé du Vatican s'est élevé à 13,5 millions d'euros pour 216 millions d'euros de recettes. Les dépenses de cet État sont principalement les salaires des 2 600 employés dont environ 750 ecclésiastiques.
Outre les revenus touristiques, l'émission de timbres postaux et de monnaies recherchés par les collectionneurs et la vente de publication, les revenus viennent de placements mobiliers (32 millions d'euros de plus-value en 2002) et immobiliers (12,9 millions d'euros).
Un autre poste non négligeable est le denier de Saint-Pierre qui a avoisiné les 50 millions d'euros en 2002, même si une partie de cette somme seulement est affectée au budget du Vatican. Son origine remonte au où les Anglo-Saxons commencèrent à envoyer une contribution annuelle au pape, cet usage s'étendit ensuite aux autres pays d'Europe. Cet usage a été reconnu officiellement par le pape Pie IX le 5 août 1871 dans l'encyclique Sæpe venerabilis. Aujourd'hui encore une collecte est effectuée lors de « la journée mondiale de la charité du Pape », généralement le 29 juin. Les donateurs principaux sont les diocèses des États-Unis d'Amérique, d'Allemagne et d'Italie.
Dans les années 1980 le scandale du Banco Ambrosiano a fortement ébranlé les finances du Saint-Siège. Roberto Calvi, alors directeur de cette institution bancaire, utilise l'institut pour les œuvres de religion (organisme sous la gestion directe du pape chargé de la gestion des comptes d'ordres religieux) pour blanchir l'argent de la mafia avec la complicité de membres de la curie en particulier M Marcinkus, chargé de l'organisation des voyages du Pape.
Malgré un détournement estimé à 600 millions de dollars et plusieurs assassinats de la mafia, le Vatican a tenté d'étouffer l'affaire et soustraire M Marcinkus à la justice italienne. Ce manque de transparence sera fortement critiqué, malgré les efforts mis en place pour réformer les finances vaticanes qui utilise désormais les services de grands financiers catholiques internationaux comme Hans Tietmeyer ou Michel Camdessus.
Michel Camdessus
L'État de la Cité du Vatican n'est pas membre de l'Union européenne, mais lui est fortement liée aux travers de ses accords douaniers et monétaires avec l'Italie. Suite à une nouvelle convention monétaire entre la République italienne, au nom de la Communauté européenne, et la Cité du Vatican, cette dernière est autorisée, depuis le 1 janvier 1999, à utiliser l'euro comme monnaie officielle. Le Vatican n'a pas le droit d'émettre des billets en euros, mais peut frapper des pièces en euros avec face nationale spécifique à la Cité à compter du 1 janvier 2002.
En 2004, l'État de la Cité du Vatican a mis en circulation une pièce commémorative de 2 euros sur laquelle figure une représentation schématique des murs d'enceinte de la Cité avec la basilique Saint-Pierre à l'avant-plan, à l'occasion du 75 anniversaire de la fondation de la Cité du Vatican (75° ANNO DELLO STATO - 1929-2004)
Démographie
pièce commémorative de 2 euros
Article détaillé : Démographie du Vatican
À peu près la totalité des 890 citoyens du Vatican vivent à l'intérieur des murs de la cité. Les citoyens du Vatican se composent principalement de membres du clergé, incluant les hauts dignitaires, les prêtres, les nonnes, ainsi que la fameuse garde suisse, une force militaire volontaire. Il y a à peu près 3 000 travailleurs étrangers, qui composent la majorité de la main d'œuvre de l'État, mais qui résident en dehors du Vatican.
Langues officielles
Les langues officielles de la Cité du Vatican sont :
- l'allemand, pour les gardes suisses
- l'italien pour l'État de la Cité du Vatican
- le latin pour l'Église catholique romaine et le Saint-Siège
- le français pour la diplomatie vaticane
Culture
Article détaillé : Culture du Vatican
En tant que siège du catholicisme, le Vatican a bien entendu une influence culturelle très importante. Il a aussi une activité culturelle propre, comme par exemple une station de radio qui émet en plusieurs langues.
Les musées du Vatican possèdent de riches collections d'art sacré et profane ainsi que des antiquités étrusques et égyptiennes.
Ils ont été fondé par Clément XIV au .
Voir aussi
Articles connexes
- Wikipédia:Portail Vatican
- Benoît XVI, dirigeant de l'État du Vatican
- Jean-Paul II, précédent dirigeant de l'État du Vatican
- Christianisme
- Église catholique
- Pape
- le Saint-Siège
Bibliographie
- Benny Lai, Les secrets du Vatican, Hachette, 1983
- Jean Chelini, La vie quotidienne au Vatican sous Jean-Paul II, Hachette, 1995
- M Martin, Le Vatican inconnu, Fayard, 1988
- Charles Pichon, Le Vatican hier et aujourd'hui, Fayard, 1968
- Jean-Jacques Thierry :
- Le Vatican secret, Calmann-Lévy, 1962
- Les Finances du Vatican, éd. Guy Authier, 1978
Liens externes
- [http://www.vatican.va/phome_fr.htm Site officiel du Vatican]
- [http://www.oecumene.radiovaticana.org/fr1/index.asp Radio Vatican]
- [http://catho.org/ Bibliothèque catholique en ligne (12000 pages): Bibles, Pères de l'Église, Conciles, Magistère]
- [http://www.vaticanoweb.com Vaticano web]
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Léa
Lea Lea
Selon l'Ancien Testament, Léa (hébreu l a(h)) est la cousine et la première femme de Jacob. Elle lui donna six fils, Ruben, Siméon, Lévi, Juda, Issachar et Zabulon, et une fille, Dinah.
Le nom de Léa peut signifier "vache sauvage" (cf. sa sœur Rachel : brebis), il est alors apparenté au nom arabe Lu'ayy : petit taureau sauvage, porté par un ancêtre de Mahomet.
Langue romane als:Romanische Sprachen ja:ロマンス語 simple:Romance languages
Catégorie:Histoire du français Catégorie:Rome antique Romane Catégorie:Langue romane
On nomme langue romane toute langue issue essentiellement du latin vulgaire (au sens étymologique de « populaire »), c'est-à-dire la forme de latin vernaculaire utilisée pour la communication de tous les jours, par opposition au latin classique et littéraire ; ce sont donc des langues indo-européennes, basées sur le latin. Ces langues ont été parlées ou le sont encore dans un ensemble géographique désigné par le terme de Romania, couvrant en grande partie le Nord-Ouest européen de l'ancien Empire romain (l'est étant resté majoritairement de langue grecque – à l'exception des Valaques – et le sud ayant adopté l'arabe après la conquête musulmane). Les mots roman(e) et Romania remontent bien sûr à des dérivés de l'adjectif latin romanus : l'on considérait en effet que leurs locuteurs utilisaient une langue issue de celle des Romains, par opposition à d'autres introduites ultérieurement dans les territoires de l'empire, comme le francique au nord de la France, langue des Francs appartenant à la famille des langues germaniques. La première attestation du terme de roman, sous une forme ou une autre, remonte au synode de Tours, en 813 de l'ère chrétienne ; c'est lors de ce synode que la première langue vulgaire à s'être détachée du latin est ainsi désignée ; il s'agit d'une forme de proto-français, que l'on nomme romana lingua, ou encore roman. L'ancien français est donc la première langue romane attestée à l'écrit (ce qui ne signifie pas que ce soit la première langue à être apparue comme clairement différente du latin). Le premier ouvrage théorique sur les langues romanes est, en latin, le De Vulgari Eloquentia (« De l'éloquence vulgaire ») de Dante (), où apparaissent pour la première fois les dénominations de langue d'oïl, langue d'oc et de langue de si (pour l'italien et l'espagnol) — en fonction de la forme respective du mot oui dans les différentes langues romanes.
L'on date grosso modo l'évolution du latin vulgaire vers les langues romanes ainsi :
# entre -200 et 400 environ : différentes formes de latin vulgaire ;
# entre 500 et 600 : ces formes commencent à se différencier plus ou moins nettement ;
# vers 800 : l'existence de langues romanes est reconnue (synode de Tours) ;
# 842 : premier texte complet rédigé en une langue romane (le roman, forme de protofrançais), les Serments de Strasbourg.
Les langues romanes partagent un ensemble de traits communs donnant une bonne cohérence à cette famille de langues, parmi lesquels les plus importants sont :
- un lexique principalement issu du latin vulgaire avec divers substrats dont les parlers gaulois pour toutes les langues romanes sauf le roumain ;
- une réorganisation du système vocalique latin (par diphtongaison, apophonie et syncope principalement) ;
- des phénomènes importants de palatalisation des consonnes ;
- la disparition quasi complète du neutre ;
- une réorganisation importante du système verbal, par le développement, notamment, de verbes auxiliaires, la suppression du futur latin, la création d'un futur périphrastique formé à partir du verbe avoir ( chanter-as → chanteras), celle d'un conditionnel ;
- le développement des articles, inconnus du latin.
Liste des langues romanes
Les langues romanes sont classées en neuf groupes, chacun pouvant comprendre plusieurs « dialectes » ; il faut noter que le choix d'un de ces dialectes comme langue officielle est purement politique et, surtout, relativement récent dans de nombreux pays (sauf en France, par l' édit de Villers-Cotterêts). Quoi qu'il en soit, les langues romanes forment un continuum de langues entre lesquelles les différences sont parfois minimes ; il est toujours possible de distinguer au sein d'un ensemble ce que l'on nommera un ou plusieurs « dialectes », mais la liste suivante se limitera aux langues les plus connues (entre parenthèses : nom dans la langue envisagée, date de la première attestation connue) :
- ibéro-roman :
- castillan ( castellano ; 804 : Cartularios de Valpuesta) : l'une des langues officielles de l' Espagne, souvent nommée « espagnol ». Notons que l' Espagne a plus d'une langue officielle et que chaque communauté autonome peut utiliser la sienne. Le castillan n'a que très peu de dialectes et s'avère très conservateur.
- portugais ( português ; XII s. : documents juridiques ), langue officielle du Portugal, possède encore moins de dialectes différenciés que le castillan. Il est encore plus conservateur que ce dernier.
- galicien ( galego ; XII s.) : dialecte portugais parlé en Espagne (région de Galice), sans doute à l'origine du portugais ; portugais et galicien archaïques ne formaient qu'une seule langue au Moyen Âge et sont toujours considérés comme un diasystème galaïco-portugais par de nombreux linguistes.
.. L'asturo-léonnais
.. L'aragonais
- italo-roman
- italien ( italiano ; X s. : documents juridiques, XI s. : texte complet) ; très nombreux dialectes (plus de deux cents) ; le toscan florentin, promu par Dante au XIII s., constitue la base normalisée de la langue officielle italienne ;
- corse ( corsu) qui est une variante du toscan mâtiné de ligure (l'accent ressemblant davantage au ligure qu'au toscan) : parlé en Corse mais aussi au nord de la Sardaigne (dans la Gallura et autour de Sassari).
- parmi les dialectes non-toscans de l'italien, on distingue deux groupes clairement différenciés, ceux parlés dans le nord de l' Italie, plus fortement influencés par un substrat sans doute celtique, dits septentrionaux ou gallo-italiques (qui comprennent notamment le lombard, le ligure, le piémontais, le vénète, l' émilien et le romagnol) et ceux méridionaux, plus influencés par un substrat osque et grec, eux-mêmes divisés en deux groupes assez distinct (le napolitain et les dialectes apparentés d'une part et le salentin, le calabrais proprement dit et le sicilien d'autre part). Mais cette dialectologie est sommaire et ne décrit pas avec précision l'extraordinaire diversité, largement conservée, des parlers italiens proprement dits.
- illyro-roman (ou dalmate ; veklisuṅ pour le dialecte septentrional ; attestations indirectes fin XIII s., directe : vers 1840) ; langue éteinte à la mort du dernier locuteur en 1898). Parlé autrefois dans certaines îles ou régions côtières de Croatie et du Monténégro, il comprenait deux dialectes recensés :
- végliote, au nord (île de Krk, en italien Veglia),
- ragusain, au sud (l'actuelle Dubrovnik) ;
- gallo-roman. On trouve dans cette famille de nombreux dialectes appartenant au groupe des langues d'oïl (parfois dénommés péjorativement patois) :
- français ( 842 : Serments de Strasbourg, 881 : prem. txt. litt. Cantilène de sainte Eulalie, XI s. : prem. txt. en ancien français Vie de saint Léger) : la langue officielle de la France; de la Belgique en concurrence avec l' allemand et le néerlandais; de la Suisse avec l'allemand, l'italien et le romanche; du Canada avec l' anglais; du Val d'Aoste avec l'italien; du Luxembourg avec le luxembourgeois; des îles anglo-normandes avec l' anglais) correspond principalement à un ensemble de traits d'oïl provenant de divers dialectes répartis historiquement autour de Paris ; dans les faits, la langue actuelle est très composite et doit beaucoup à une langue littéraire interrégionale. L'existence d'un dialecte francien à l'origine du français est un mythe du XIX s. qui n'a plus cours,
- mayennais : parlé en France en Mayenne;
- gallo : parlé en France en Bretagne;
- normand : parlé en France en Normandie; aux îles anglo-normandes, dont le jersiais, le guernesiais et le sercquiais;
- picard ( cht'i ; vers les XII, XIII s.) : parlé en France dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie, ainsi que dans l'ouest de la Wallonie ; en Belgique, il a le statut de langue régionale, tandis qu'en France il est considéré comme une langue de France ;
- poitevin-saintongeais : parlé en France dans le Poitou-Charentes et Saintonge ;
- wallon ( walon ; vers les XII, XIII s.) : parlé principalement en Belgique, où il a le statut de langue régionale;
- francoprovençal (ou, mieux, arpitan ; XIII s. : Méditations de Marguerite d'Oingt) : ensemble de langues réparties entre l' Italie ( Val d'Aoste, Piémont), la Suisse (en Valais principalement]), la France (Dauphinois, Lyonnais, Savoie) ; le franco-provençal semble être à la croisée entre langues d'oïl et occitan. Il est en voie d'extinction ;
- occitano-roman ou occitano-catalan :
- occitan ou langue d'oc ( occitan, lenga d'òc ; fin du X s. : docs. juridiques ; 1102 : prem. txt. complet) : il s'agit d'un ensemble de dialectes constitué du nord-occitan (limousin, auvergnat, vivaro-alpin), du moyen-occitan (languedocien, provençal) et du gascon ─ connus en France sous l'appellation dépréciative de « patois » ; le vieux catalan et l'occitan médiéval ne constituaient qu'une seule langue ; c'est seulement entre la fin du XII et le début du XIV siècle que les deux langues se sont nettement séparées ; le niçois est un provençal archaïque ;
- catalan ( català ; fin du IX siècle : traces de vulgarismes catalans dans des textes latins ; fin du XII s. : prem. txt. complet dans un doc. juridique ; XIII s. : sous l'égide de Ramon Llull, le catalan accède au statut de langue littéraire et de pensée reconnue) : l'une des langues officielles de la Catalogne ( Espagne) ; il est parlé principalement dans cette Communauté autonome et dans une frange de l' Aragon, ainsi que dans celle méridionale de Valence (où il est aussi appelé valencien et distingué du catalan proprement dit), ainsi qu'aux Îles Baléares, en Andorre (où il est la seule langue officielle), dans le Roussillon (France), appelé par les catalanistes, Catalogne du Nord, ainsi que dans la ville de l'Alguer (en Sardaigne) ;
- rhéto-roman (XII s.) :
- dialectes romanches (rumantsch) : le sursilvan (haute vallée du Rhin), le sutsilvan et le surmiran (centre du canton des Grisons), le puter et le vallader ( Engadine) forment les cinq dialectes écrits ; ils sont parlés en Suisse (dans les Grisons) par environ 45 000 personnes. le premier texte en puter a été écrit en 1527 à Zuoz ( La chanzun da la guerra dal chasté da Müsch), le premier en vallader en 1560 à Susch.
- interromanche (rumantsch grischun) : forme de lingua franca romanche utilisée en Suisse pour unifier la vingtaine de dialectes romanches ; il s'appuie en grande partie sur le sursilvan, le vallader et le surmiran ; l'interromanche est une langue officielle en Suisse dans le canton des Grisons,
- dialectes ladins (ladin) : utilisés dans les Dolomites italiennes,
- frioulan (furlan) : parlé dans la province italienne d' Udine ; frioulan et ladin n'ont qu'un statut de langue régionale ;
- roumain ( română ; attestations partielles au XII s., complète au XV) : langue de l'ancienne province romaine de Dacie coupée du reste de la Romania ; le superstrat slave reste d'importance faible et le roumain s'avère assez conservateur ; c'est en cela qu'il est relativement différent des autres langues romanes ; on considère qu'il possède principalement quatre dialectes :
- daco-roumain, que l'on appelle généralement le roumain ; c'est la langue officielle de la Roumanie et la Moldavie, et langue coofficielle en Voïvodine ( Serbie-et-Monténégro).
- istrio-roumain, parlé en Istrie (en voie d'extinction),
- mégléno-roumain (ou méglénite), parlé en Macédoine,
- macédo-roumain (ou aroumain), parlé principalement en Albanie, Serbie, Macédoine, Thessalie ( Grèce) et Roumanie ;
- sarde ( sardu, limba sarda ; XI s.) : parlé en Sardaigne ; c'est une des langues romanes des plus conservatrices, ce que l'on explique par son statut au sein d'un lieu isolé ; il a connu de nombreuses influences, parmi lesquelles le catalan, le castillan puis l'italien sont les plus importantes ; on distingue plusieurs dialectes, non compréhensibles entre eux :
- campidanien (région de Cagliari),
- logoudorien ( Logudoro), qui constitue la langue considérée classique, dont la variété du nuorais ( Nuoro) ; ces deux derniers dialectes sont plus archaïsants que le premier.
Du latin classique au latin vulgaire
Note : les transcriptions phonétiques sont en alphabet phonétique international.
À propos du latin vulgaire, il convient de noter que les Romains vivaient en situation de diglossie : la langue de tous les jours n'est plus le latin classique, celui des textes littéraires ou sermo urbanus (« langue de la ville », c'est-à-dire « raffinée »), figé par la grammaire comme l'a été le sanskrit, mais une forme distincte bien que très proche, au développement plus libre, le sermo plebeius (« langue vulgaire »). Il semble acquis que le latin classique ne se limitait pas à un emploi livresque, mais qu'il était parlé par les catégories sociales élevées, tandis que le sermo plebeius était la langue des soldats, des commerçants, du petit peuple ; n'ayant jamais accédé au statut de langue littéraire, le latin vulgaire nous est surtout connu par la phonétique historique, des citations et des critiques prononcées par les tenants d'un latin littéraire ainsi que de nombreuses inscriptions, des registres, comptes et autres textes courants. D'autre part, le Satyricon de Pétrone, sorte de « roman » écrit vraisemblablement au premier siècle de l'ère chrétienne et se passant dans les milieux interlopes de la société romaine, est un témoignage important de cette diglossie : selon leur catégorie sociale, les personnages s'y expriment dans une langue plus ou moins proche de l'archétype classique.
Parmi les textes qui ont blâmé les formes jugées décadentes et fautives, il faut retenir lAppendix Probi , sorte de compilation d'« erreurs » fréquentes relevées par un certain Probus et datant du III siècle de l'ère chrétienne.
Ce sont bien ces formes, et non leur équivalent en latin classique, qui sont à l'origine des mots utilisés dans les langues romanes.
Voici quelques exemples de « fautes » citées par Probus (selon le modèle : A non B , « [dites] A et non B »), classées ici par type d'évolution phonétique et assorties de commentaires permettant de signaler les principales différences phonologiques entre le latin classique et le latin vulgaire ; il n'est bien sûr pas possible d'être exhaustif en la matière et de référencer toutes les différences entre le latin classique et le latin vulgaire, mais lAppendix Probi peut constituer une introduction pertinente sur le sujet :
:1. calida non calda, masculus non masclus, tabula non tabla, oculus non oclus, etc.
:Ces exemples montrent l' amuïssement des voyelles post-toniques (et aussi pré-toniques) brèves ; les mots latins sont en effet accentués cálida, másculus, tábula et óculus, la voyelle suivante étant brève. Cet amuïssement prouve aussi que l' accent de hauteur du latin classique est devenu un accent d'intensité en latin vulgaire (en effet, un accent de hauteur n'a pas d'influence sur les voyelles atones environnantes). L'on reconnaît dans cette liste les ancêtres de chaude ( ancien français chalt), mâle (ancien français masle), table et œil ; ce processus a donné naissance à des transformations importantes des consonnes entrées en contact après la chute de la voyelle les séparant : ainsi, un devant consonne est passé à vélaire (soit ) puis à en français ( vocalisation), d'où chaud ; de même, a pu donner un palatalisé (voir au point 2) ;
:2. vinea non vinia, solea non solia, lancea non lancia, etc.
:L'on voit là le passage en latin vulgaire de bref devant voyelle à (son initial de yacht ; le phénomène est nommé consonification) qui, après consonne, la palatalise ; ces consonnes palatalisées (qui peuvent provenir d'autres sources), sont importantes dans l'évolution des langues romanes. Cette transformation explique pourquoi l'on obtient, par exemple, vigne (avec devenant , noté dans les langues romanes par le digramme gn en français et italien, ñ en castillan, ny en catalan, nh en portugais et occitan, etc.), seuil (avec anciennement un palatal, soit , noté par ill / il en français, devenu ensuite un simple , conservé en castillan, où il est noté ll, double l [sauf quand il provient de , où il passe à , phonème dit jota, comme en catalan, en portugais et occitan, écrit lh, etc.), et lance (avec le son issu de , forme palatalisée de , que notait bien la lettre c latine ; de même en castillan lanza , anciennement lança , ou en roumain lance , etc.) ;
:3. auris non oricla.
:Probus note dans cet exemple plusieurs phénomènes : premièrement la réduction des anciennes diphtongues (ici devenant , soit ouvert ; l'on a aussi en latin vulgaire donnant , ouvert, ainsi que passant à , fermé), puis l'utilisation d'une forme de diminutif au lieu de la forme simple ( auris : « oreille », auricula : « petite oreille »). L'utilisation des diminutifs en latin vulgaire est fréquente : ainsi soleil vient de solic(u)lu(m) et non de sol, ou encore genou de genuc(u)lu(m) et non de genu. Enfin, on note l' amuïssement du bref devant voyelle accentuée : on attendrait oricula. Comme on l'a dit en 1, la rencontre de c et l, , causée par la chute de la voyelle les séparant, donne naissance à une nouvelle consonne, ici un palatal, conservé en catalan dans orella, devenu en français mais en castillan, dans oreja ) ;
:4. auctor non autor.
:On remarque aussi des réductions de groupes de consonnes ; ainsi, passe à , donnant en français auteur, ou autor en castillan et catalan ; de même, passe à . C'est le cas dans dom(i)tare devenu domtar puis domptar et enfin dontar. L'insertion d'un entre et une occlusive est normale : on parle d'une épenthèse, donnant en français dompter que l'on prononçait avant que l'orthographe n'influence la prononciation, devenant parfois . Autre simplification : donne , comme dans comp(u)tare devenu comptare puis compter et conter en français, contar en castillan, etc.
:5. rivus non rius, sibilus non sifilus.
:Le son du latin, noté par la lettre u (ou v dans les éditions modernes) a évolué de manières diverses, soit en s'amuïssant entre voyelles ( ri(v)us donnant rio en castillan, pa(v)or donnant peur, italien paura), en devenant une spirante bilabiale sonore (, en castillan et catalan) puis se renforçant en (dans la majorité des langues romanes) ; et entre voyelles connaissent le même sort, ce qui explique que sibilus donne sifilus, sachant que n'est que la variante sourde de ; ainsi explique-t-on siffler (de sibilare, devenant sifilare puis siflare) ou savoir (de sapere, puis sabere, savere ; le castillan saber montre, par son orthographe, qu'il en est resté au stade ), etc.
:6. pridem non pride.
:Dernier exemple (la liste n'est bien sûr pas exhaustive, loin de là) montrant que le en fin de mots n'est plus prononcé (ce qui est déjà le cas en latin classique : la scansion du vers latin le prouve facilement). Cet amuïssement est, entre autres, à l'origine de la disparition du mécanisme des flexions : les langues romanes, en effet, n'utilisent plus la déclinaison.
Cette liste n'est bien sûr pas exhaustive ; il faudrait aussi aborder la question de la diphtongaison « pan-romane » (que toutes les langues romanes ont connue) et signaler que nombre de voyelles ont subi par la suite des diphtongaisons secondaires.
Transformations en profondeur du système morpho-syntaxique
Système nominal
La chute du final, consonne que l'on rencontre souvent dans la flexion, crée donc une ambiguïté : Romam se prononçant comme Roma, l'on ne peut savoir si le mot est au nominatif, à l' accusatif ou à l' ablatif. Ainsi, les langues romanes ont dû utiliser des prépositions pour lever l'ambiguïté. Plutôt que dire Roma sum (classique Romæ sum avec un locatif que n'a pas gardé le latin vulgaire) pour « je suis à Rome » ou Roma(m) eo pour je vais à Rome, il a fallu exprimer ces deux phrases par sum in Roma et eo ad Roma. À cet égard, il convient de rappeler que si en latin classique déjà, dès l'époque impériale, le en fin de mots s'amuïssait, Roma sum et Roma(m) eo ne pouvaient être confondus : à l'ablatif ( Roma sum), le final est long ; il est cependant bref à l'accusatif : ainsi l'on prononçait pour le premier, pour le second. Le latin vulgaire, toutefois, n'utilise plus le système de quantité vocalique : les deux formes sont d'autant plus ambiguës.
Dans un même mouvement, les adverbes et les prépositions simples sont parfois renforcées : ante, « avant », ne suffit plus ; il faut remonter à ab + ante en vulgaire pour expliquer le français avant, le castillan antes et l'occitan avans, ou bien in ante pour le roumain înainte, etc. ; de même avec provient de apud + hoc, dans de de intus, etc. Le cas limite semble être atteint avec le français aujourd'hui, notion qui se disait simplement hodie en latin classique. Le terme français s'analyse en à + le + jour + de + hui, où hui vient de hodie (qui a donné hoy en castillan, oggi en italien, uèi en occitan, hoz en romanche, oûy en wallon, etc.). Le composé agglutiné résultant est donc redondant, puisqu'il signifie mot à mot : « au jour d'aujourd'hui » (qu'on trouve en français familier). Certaines langues conservatrices ont cependant gardé des adverbes et prépositions simples : le castillan et l'italien con, « avec », et le roumain cu viennent bien de cum, de même que en castillan ou în roumain sont hérités de in. L'on voit aussi ce phénomène avec les mots simples hérités de hodie.
De langue flexionnelle à la syntaxe souple (l'ordre des mots ne comptant pas énormément pour le sens mais principalement pour le style et l'emphase), le latin vulgaire est devenu un ensemble de langues utilisant nombre de prépositions, dans lesquelles l'ordre des mots est fixe : s'il est possible de dire en latin Petrus Paulum amat ou amat Petrus Paulum ou Paulum Petrus amat ou encore amat Paulum Petrus pour signifier que « Pierre aime Paul », ce n'est plus possible dans les langues romanes, qui ont plus ou moins rapidement abandonné les déclinaisons ; ainsi, en castillan Pedro ama a Pablo et Pablo ama a Pedro ont un sens opposé, seul l'ordre des mots indiquant qui est sujet et qui est objet. Lorsque les langues romanes ont gardé un système de déclinaisons, celui-ci est simplifié et se limite à quelques cas (à l'exception du roumain) : c'est ce qui arrive en ancien français, qui n'en possède que deux, le cas sujet (hérité du nominatif) et le cas régime (venant de l'accusatif), pour tout ce qui n'est pas sujet. En français, toujours, le cas sujet a disparu ; les noms actuels hérités de l'ancien français sont donc presque tous d'anciens cas régime (il y a quelques exceptions, comme ancêtre, peintre, traître, anciens cas sujet, et chandeleur, provenant d'un génitif pluriel latin candelorum) et, partant, d'anciens accusatifs ; on peut le constater avec un exemple simple :
Le roumain, toutefois, conserve un système flexionnel fonctionnant avec trois cas syncrétiques : cas direct (nominatif + accusatif), cas oblique (génitif + datif) et vocatif. Ces cas se distinguent principalement si le nom est marqué par l'article défini. Dans le cas contraire, ils ont tendance à être confondus.
D'autres points méritent d'être signalés : tout d'abord, encore à l'exclusion du roumain, les trois genres, masculin, féminin et neutre, sont réduits à deux par l'élimination du neutre ; ainsi, le mot latin folia, nominatif / accusatif neutre pluriel de folium, « feuille », est réinterprété comme un féminin : c'est le cas, par exemple, en français, où il devient feuille, mais aussi en castillan, sous la forme hoja, en italien foglia, romanche föglia, wallon fouye, portugais folha, catalan fulla, occitan fuèlha, etc., tous mots féminins. De plus, les langues romanes ont développé un système d'articles définis, inconnus du latin classique. Ainsi, en français, le et la proviennent respectivement des pronoms / adjectifs démonstratifs ille et illa ; de même en castillan pour el et la (plus un neutre lo < illud), en italien pour il et la (ainsi que lo, neutre, < illud), etc. Le roumain se distingue en étant la seule langue romane dans laquelle l'article est enclitique : om, « un homme », om-ul, « l'homme ». Les articles indéfinis, pour leur part, proviennent simplement du numéral unus, una (et unum au neutre), qui, en latin, aurait pu servir à cet usage.
Enfin, le système de l'adjectif est revu : alors que les degrés d'intensité étaient marqués par des suffixes, les langues romanes ne se servent plus que d'un adverbe devant l'adjectif simple, magis (devenant más en castillan, mai en occitan et en roumain, mais en portugais, més en catalan, etc.) ou plus ( più en italien, plus en français et en occitan, pus en wallon et en catalan ancien ou dialectal, plu en romanche, etc.) : ainsi, pour dire plus clair (comparatif de supériorité) en latin classique, clarior suffisait (dérivé de clarus) ; on dit en castillan más claro, en italien più chiaro, en occitan plus clar ou mai clar, etc. De même, le superlatif le plus clair se disait clarissimus en latin classique, mais el más claro en castillan et il più chiaro en italien. On trouve cependant quelques archaïsmes : le portugais a conservé des mots différents pour le plus grand, o maior, et le plus petit, o menor, comme le castillan avec mayor et menor, comparables, bien que d'emploi très différent, aux majeur et mineur du français.
Système verbal
En outre, les conjugaisons sont profondément modifiées, notamment par la création de temps composés : ainsi notre j'ai chanté, castillan he cantado ou encore catalan he cantat, occitan ai cantat, viennent d'un habeo cantatu(m) vulgaire, qui n'existe pas en classique. L'utilisation de verbes auxiliaires, être et avoir, est notable : le latin utilisait déjà, d'une manière différente, être dans sa conjugaison, mais pas d'une manière aussi systématique que dans les langues romanes, qui ont généralisé leur emploi afin de créer un jeu complet de formes composées répondant aux formes simples. Généralement, les formes composées marquent l'aspect accompli.
Un mode nouveau apparaît, le conditionnel (attesté pour la première fois dans une langue romane dans la Séquence de sainte Eulalie), construit à partir de l'infinitif (parfois modifié) suivi des désinences d'imparfait : vivr(e) + -ais donne vivrais en français, et, mutatis mutandis , viviría en castillan, viuria en catalan, viuriá en occitan. Certaines modifications du radical sont à noter : devoir + ais > devrais et non - devoirais, ou bien haber + ía > habría et non - habería. De la même manière, le futur classique est abandonné au profit d'une formation comparable à celle du conditionnel, c'est-à-dire l'infinitif suivi du verbe avoir (ou précédé en sarde) : ainsi cantare habeo (« j'ai à chanter ») donne chanterai, castillan cantaré, catalan cantaré, occitan cantarai, etc.
Le passif est évacué au profit du système composé qui préexistait en latin ( cantatur, « il est chanté », classique devient le vulgaire est cantatus, qui, en classique signifiait « il a été chanté »). Enfin, certaines conjugaisons irrégulières (comme celle de volle, « vouloir ») sont rectifiées (mais restent souvent irrégulières dans les langues romanes) et les verbes déponents cessent d'être utilisés.
Le lexique du latin vulgaire
Le latin vulgaire et le latin classique ne diffèrent pas seulement par des aspects phonologiques et phonétiques, mais aussi par le lexique ; les langues romanes, en effet, n'utilisent que dans des proportions variables le vocabulaire classique. Souvent, des termes populaires ont été retenus, évinçant ceux propres à la langue plus soutenue.
Certains termes latins ont disparu et ont été remplacés par leur équivalent populaire ; c'est le cas de celui qui désigne le cheval, equus en latin classique, mais caballus (« canasson » ; le mot est peut-être d'origine gauloise) en latin vulgaire, que l'on retrouve dans toutes les langues romanes : caballo en castillan, cavall en catalan, caval en occitan, cheval en français, cal en roumain, cavallo en italien, dj'vå en wallon, chavagl en romanche, etc.
Mais on notera que la jument est appelée yegua en castillan, egua en catalan et èga en occitan, du latin equa (l'occitan emploie aussi cavala).
D'autre part, certains termes classiques disparus n'ont pas forcément été remplacés par le même mot vulgaire dans toute la Romania : le terme soutenu pour « parler » est loqui en latin classique, remplacé par :
- parabolare (terme emprunté à la liturgie chrétienne et d'origine grecque ; proprement : « parler par parabole ») : français parler, italien parlare, catalan et occitan parlar, etc. ;
- fabulare (proprement : « affabuler ») : castillan hablar, portugais falar, sarde faedhàre, etc.
Enfin, certaines langues romanes continuent d'utiliser la forme classique, tandis que d'autres, que l'on dit moins « conservatrices », se servent d'une forme vulgaire ; l'exemple donné traditionnellement est celui du verbe « manger » :
- latin classique edere : se retrouve (sous une forme composée ; cette forme est cependant sentie moins « noble » que le classique puriste edere) en castillan et portugais comer (de comedere) ;
- latin vulgaire manducare (proprement « mâcher ») : français manger, italien mangiare, catalan menjar, occitan manjar, ou encore roumain mânca, par exemple.
Les raisons de la diversité des langues romanes
L'évolution phonétique naturelle des langues, à laquelle le latin n'a bien sûr pas échappé, explique en grande partie les différences importantes entre certaines des langues romanes. À ce processus s'est aussi ajouté la non-unicité lexicale de ce que l'on désigne sous le terme de latin vulgaire : la taille de l'Empire romain et l'absence d'une norme littéraire et grammaticale ont permis à cette langue vernaculaire de ne pas être figée. Ainsi, chaque zone de la Romania a utilisé une saveur particulière du latin vulgaire (il vaudrait même mieux dire « des latins vulgaires »), comme on l'a vu plus haut, telle langue préférant tel terme pour signifier « maison » (latin casa en castillan, catalan, italien, portugais, roumain), telle autre un terme différent (mansio pour le même sens en français), par exemple.
S'est greffée à ces deux données la présence de substrats, langues parlées initialement dans une zone et recouvertes par une autre, ne laissant que des traces éparses, tant lexicales ou grammaticales que phonologiques, dans la langue d'arrivée. Ainsi, le substrat gaulois en français lui laisse quelque cent quatre-vingts mots comme braies, char ou bec, et serait à l'origine du passage du (de loup) latin à (de lune). Cette hypothèse ne fait cependant pas l'unanimité. Bien entendu, l'influence du gaulois ne s'est pas limitée à la Gaule : le portugais ou les dialectes de l'Italie du Nord, par exemple, en possèdent quelques termes (on a ainsi en italien standard, braghe pour braies (qui a donné plus tard le français braguette), carro pour char, becco pour bec). De même le basque pour les langues ibérico-romanes (où le mot pour « gauche », soit sinistra en latin classique, est remplacé par des dérivés du basque ezker, soient esquerra en catalan, izquierda en castillan et esquerdo en portugais), ou encore l'étrusque pour le dialecte italien de Toscane, qui lui devrait sa gorgia toscana, c'est-à-dire la prononciation des comme des (anglais home) ou des (allemand Bach). Il faut noter que cette influence de l'étrusque sur le toscan est de nos jours considérée comme un mythe sans fondements réels : en effet, le phénomène n'est pas limité à la Toscane, il n'est pas présent dans toutes les zones à dominante linguistique toscane (la Corse, par exemple qui ─ bien qu'éloignée ─ a été fortement toscanisée), il n'est pas attesté avant le et il ne correspond pas réellement à des caractéristiques phonétiques étrusques. Enfin et surtout, on voit mal comment une langue morte bien avant l'apparition des dialectes italiens aurait pu transmettre cet unique trait sans avoir laissé ni vocabulaire ni même coutumes.
Enfin, les superstrats ont aussi joué un rôle prépondérant dans la différenciation des langues romanes : ce sont les langues de peuples s'étant installés dans un territoire sans réussir à imposer leur langue. Celle-ci a cependant laissé des traces importantes. Le superstrat francique (donc germanique) en France est important ; le vocabulaire médiéval en est émaillé, surtout dans le domaine de la guerre et de la vie rurale (ainsi heaume, adouber, flèche, hache, etc., mais aussi framboise, blé, saule, etc., ou encore garder et, plus surprenant, trop), et le français actuel compte plusieurs centaines de mots ainsi hérités du francique. C'est un superstrat arabe que l'on remarque le plus en castillan : plus de quatre mille termes, parmi lesquels des toponymes et des composés, viennent de cette langue. Le trait le plus remarquable est le maintien quasi systématique de l'article arabe dans le mot, alors que les autres langues romanes ayant aussi emprunté le même terme s'en sont souvent débarrassées : ainsi algodón (contre français coton), de l'arabe أَلْقُطْن, ʾal-quṭn, algarroba (français caroube), de ʾal-harūbah ou encore aduana (français douane), de أَلدِّيوَان, ʾad-dīwān (qui donne aussi divan). Enfin, dernier superstrat remarquable, le slave, dont l'influence en roumain est notable. Le roumain devrait aux langues slaves alentour son vocatif, quelques termes du lexique ainsi que des processus de palatalisation différents de ceux des autres langues romanes.
L'influence des langues romanes les unes sur les autres, d'autre part, est considérable.
L'on peut donner ici les résultats d'une étude menée par M. Pei en 1949, qui a comparé le degré d'évolution de diverses langues par rapport à leur langue-mère ; pour les langues romanes les plus importantes, si l'on ne considère que les voyelles toniques, l'on obtient, par rapport au latin, les coefficients d'évolution suivants :
- sarde : 8 % ;
- italien : 12 % ;
- castillan : 20 % ;
- roumain : 23,5 % ;
- occitan : 25 % ;
- portugais : 31 % ;
- français : 44 %.
L'on voit ainsi facilement le degré variable de conservatisme des langues romanes, la plus proche du latin phonétiquement (en ne considérant que les voyelles toniques) étant le sarde, la plus éloignée le français.
Diffusion mondiale des langues romanes
Du fait de la colonisation, l'aire géographique des locuteurs de langues romanes s'étend largement au-delà de l'Europe. Les plus largement diffusées sont l'espagnol (Mexique, Amérique centrale et Amérique du Sud, Philippines, etc.), le portugais (Brésil, Angola, Mozambique, etc.) et le français (Canada, Afrique, etc.).
Le castillan et le français sont comptés parmi les langues officielles de l'ONU.
Annexes
Bibliographie
- Jean-Marie Klinkenberg, Des langues romanes, éditions Duculot, Louvain-la-Neuve, 1994 (2 édition) ;
- Pierre Bec, Manuel pratique de philologie romane, Paris, 1970-1971, deux tomes ;
- Mireille Huchon, Histoire de la langue française, Paris, 2002 ;
- Édouard Bourciez, Éléments de linguistique romane, Paris, 1967 pour la 5 édition ;
- Max Niedermann, Phonétique historique du latin, Paris, 1953 pour la 3 édition.
Liens internes
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues indo-européennes
Liens externes
- [http://www.romaniaminor.net/mapes/romania.swf Carte des langues romanes]
- [http://crdp.ac-bordeaux.fr/langues Le site sur l'enseignement des langues régionales dans l'académie de Bordeaux]
- [http://gascon.ac-bordeaux.fr Le site du Rectorat de Bordeaux sur l'enseignement de l'Occitan dans le secondaire]
- [http://crdp.ac-bordeaux.fr/capoc Le site du CDDP des Pyrénées-Atlantiques sur l'enseignement de l'occitan dans le primaire en Aquitaine]
Catalan
Introduction
Le catalan (en catalan : català) est une langue appartenant à la branche romane de la famille des langues indo-européennes. Il compte douze millions de locuteurs en Catalogne, dans la Communauté autonome de Valence (où il est appelé valencien), aux îles Baléares, en Andorre (où il est la seule langue officielle), en Roussillon (France), dans la Franja de Ponent (Aragon) et à Alghero (Sardaigne). Il est issu du latin vulgaire des Pyrénées catalanes (v. 900). Bien que depuis le il ait subi l'influence du castillan, comme en témoignent de nombreux doublets (cercar / buscar, restar / quedar, vós / vostè, etc.), il est erroné de présenter le catalan comme un dialecte de l'espagnol ; le catalan est la langue sœur de l'occitan.
Par opposition au castillan, qui s'est imposé de fait à toute l'Espagne, une forte revendication est née en Catalogne demandant la reconnaissance officielle du catalan, qui a été acquise dès la mort de Franco. Cette reconnaissance a été demandée aussi par le gouvernement espagnol auprès de la Commission européenne en 2004 (car plus de 10 millions de personnes parlent le catalan en Europe, beaucoup plus que le maltais, l'estonien, etc.). Aujourd'hui, dans l'Union européenne, il est possible d'utiliser le catalan, bien qu'il n'en soit pas langue officielle.
L'intercommunicabilité (orale et écrite) entre les diverses variantes du catalan est d'environ 95 % ; celle (orale et écrite) avec l'occitan est également assez bonne. Outre l'occitan (voir phrase 1), le catalan a des traits communs avec le français ou l'ancien français (phrases 2 et 3) et le castillan (phrase 4) :
# Em dol / Em fa pena que jo sigui el que diu en veu alta el que tots pensem : caldria anar a consultar el metge, això no fa pas cap mal a ningú. (occitan : me dòl que siá ieu que diga de votz auta çò que totes pensam : calriá anar consultar lo metge, aquò fa pas cap de mal a degun.) (français : cela me peine de dire à haute voix ce que nous pensons tous : il faudrait aller consulter le médecin, cela n'a jamais fait de mal à personne).
# L'art de traduïr és molt difícil. (espagnol: el arte de traducir es muy difícil)
# Les forces de l'ordre són pacífiques. (espagnol: las fuerzas del orden son pacíficas)
# Han de comunicar de seguida la notícia / la nova al director (espagnol : tienen que comunicar en seguida la noticia al director ; français : ils doivent communiquer tout de suite la nouvelle au directeur).
Mots français d'origine catalane : sardane (sardana), ─ abricot (albercoc) lui-même emprunté à l'arabe (al-barquq), qui l'avait pris au grec (barc), lequel l'avait emprunté au latin, ─ aubergine (albergínia) lui aussi emprunté à l'arabe (al-bâdindjân), qui l'avait pris au perse, lequel l'avait pris à l'Inde, ─ baraque (barraca)...
Histoire
- : le catalan est une forme de langue romane issue du latin vulgaire, parlée dans la Marche Hispanique établie par l'empire carolingien, dont fait partie également l'Andorre.
- 1229 et 1232: Jaume I El Conqueridor (le « père » de la Couronne d'Aragon) conquiert l'île de Majorque et Valence sur les Musulmans Almohades. Le catalan, non encore différencié de l'occitan médiéval, remplace la langue arabe comme langue officielle.
- 1275 : Raymond Lulle (Ramon Llull) (1235-1315) écrit le Livre du Gentil et des trois Sages (Llibre del gentil i els tres savis), dont le sujet est la théologie des trois monothéismes. On considère qu'il s'agit là de l'acte de naissance du catalan comme idiome reconnu et comme langue littéraire indépendante de l'occitan.
- Du au , influence de la littérature occitane et des troubadours.
- 1490 : publication à Valence du roman chevaleresque Tirant le Blanc (Tirant lo Blanc), écrit par Joanot Martorell.
- : après une éclipse au et au , on assiste à une renaissance (Renaixença) des lettres catalanes, induite par le Romantisme, tant en poésie avec Jacint Verdaguer (1845-1902) ou Joan Maragall (1860-1911), que théâtre avec Àngel Guimerà (1845-1924) et roman avec Narcís Oller (1846-1930).
- 1912 : Pompeu Fabra (1868-1948), grammairien et lexicographe, publie sa grammaire qui unifie enfin l'orthographe catalane (Gramàtica de la llengua catalana).
- 1967 : premier concert du chanteur catalan Lluís Llach (1948-), symbole de résistance de la langue catalane contre le franquisme (chanson L'estaca).
- 1979 : avec l'autonomie de la Catalogne et des autres communautés autonomes de langue catalane, le catalan regagne son statut de langue co-officielle, perdu depuis la fin de la II république espagnole (1931-1939).
- 1993 : premier discours en catalan à l'Organisation des Nations unies, prononcé par Òscar Ribas Reig, lors de l'entrée d'Andorre à l'ONU.
Écriture et orthographe
Le catalan utilise l'alphabet latin enrichi de digrammes, de signes diacritiques (accent aigu, accent grave, point médian dans le digramme l·l, cédille sous c, tréma) et de lettres diacritiques (u après g et q, i devant x et g). Il existe de nombreuses diphtongues, représentées par des paires de voyelles.
L'alphabet est le suivant :
a (à), b, c (ç), d (dj), e (é è), f, g (gu, ig) h i (í ï), j k l (ll, l·l) m n (ny) o (ó ò) p q (qu) r (rr) s (ss) t (tg, tj, tx) u (ú ü) v w x (ix) y, z
Les lettres entre parenthèses sont les variantes possibles (avec diacritiques, dans des digrammes...) qui ne comptent pas comme lettres indépendantes. On classe les voyelles portant un accent aigu après les simples et avant celles portant le grave puis le tréma. Quand des homonymes sont distingués par l'accentuation, l'accent final précède les autres places (animà avant ànima).
Prononciation
Ne sont indiquées que les principales différences avec le français (sur la base du catalan standard, proche de la variante Barcelonaise) :
- a et e, en position non accentuée, sont comme le « e » non tonique en allemand : català =keteLa, | | |